- Un jeudi, tard dans la nuit, chambre 326 du Großer Kurfürst Hotel, Berlin. -----Je te voyais déjà t'en foutre plein les narines. Cet opium malsain que tu chérissais un peu trop. Je me levais péniblement du lit de cette chambre d'hôtel, dans laquelle je passais mes nuits à tes côtés, depuis de longs mois. Tu te retournais, insignifiant à mon geste, et me toiser du regard sous ce faible jour. Je saisissais ton pull, jonchant à même le sol, avant de n'entrebâiller la porte fenêtre pour me glisser sur le balcon, encore imprégné de la froideur de la nuit. Ce nuage épais de brume caressant ma peau. J'agrippais le muret, me séparant du vide, tandis que mes bases s'efforçait de me tenir debout. Un alizé inoffensif vînt se heurter à mon visage. J'en tremblais d'extase. C'était tel retrouver une liberté, la respirer à plein poumons. J'ouvrais délicatement les yeux, perdant mon regard sur la métropole Berlinoise, qui me rappela celle de ma ville natale. De longues avenues éclairées, des immeubles à perte de vues, et ce couple. Deux amants marchants, main dans la main. - cliché. Et pourtant. Pourtant, cela me rappelais cette nuit de novembre, où nous arpentions seuls, les quais de la Seine. Tu me susurrais à l'oreille tes désirs et j'en riais d'envie. L'époque où nous nous aimions est lointaine. Enfouie sous des tonnes de querelles. Ensevelie sous mes larmes. Recouverte par le temps. L'écho incertain de ta voix, me sortais de mes songes. Une énième fois.
« Descends de là, Ashley.
-----Tu avais posé mon prénom sur tes lèvres, et l'envoyer valser à mon écoute ; ta voix dure résonnant dans ma tête. Tu faisais toujours ça, quand ton inquiétude prenait du dessus.
J'admire la vue.
Tu me fais peur. »
-----Je me retournais en prenant conscience que ce que tu disais était véridique. L'effroi sur ton visage se lisait comme un livre ouvert. Je posais pied-à-terre, avançant en ton chemin. C'est face à toi que je découvris ta mine apeuré, tes mains tremblantes. Un sourire affecté se lisait sur mes lèvres. J'interprétais ton regard, comme un message au secours.
« J'ai besoin de toi. »
-----Je relevais la tête, te poignant du regard. Depuis combien de temps n'avais-tu pas prononcé des mots emplis d'amour ? Je te contournais et pénétrais à nouveau dans la chambre. Tu suivais mes pas. Je ne trépignais pas à attraper tes sacs de coke, posé sur la table en verre.
« Pas autant que tu as besoin de ça, Tom. »
-----Dans un souffle, je te balançais ces mots, tel cette poussière neutre, virevoltant entre nos regards amers.
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- Un jeudi, au crépuscule, appartement 14, rue de l'Est, Paris.
-----Les souvenirs hésitant de notre relation, flottent encore dans mon esprit. Cet endroit, où tout à débuter. Il suffisait d'un regard, pour que je comprenne tes mots. Il ne fallait qu'un baiser, pour que je décèle tes maux. Chaque murs, est imprégné de notre passion. De nos corps dénudés et de nos coeurs amoureux. J'entends encore tes fous rires, résonner dans un écho. Tes sourires timides, échappant aux murmures de mes sentiments. Et mes doigts dessinant encore, chaque courbes de ton corps.
-----C'est assis sur ce parquet brun, que je m'endors en supplice, cerné par ces tas de cartons qui me rappellent à cor et à cri, les balayûres de notre amour. Chaque boîte est songeuse à une partie de nous. De moi. Et puis, de toi... Des souvenirs rattachés au passé que mon présent consume. J'arrive encore à distinguer, l'odeur ennivrante de ton parfum. Le clair de tes yeux, qui se marier joliment avec le grain de ta peau. Et les traces lumineuses, que laissait rayonner ta chevelure dorée sur chacun de tes gestes.
-----À chaque fois que ma mémoire s'imprègne de ces souvenirs, je ne peux pas m'empêcher de penser à la façon dont tu dois être dans ses bras. Ses bras sans finesse, cristallins. Ses bras dans lesquels tu sais trouver tendresse, en m'oubliant. Ses bras protecteurs, qui t'enlace comme la maille qui me lacère le coeur. Ses bras. Ceux-là. Les siens. Et non les miens.
« Sans amour, on ne vît pas. Je ne survivrais pas sans lui. Pardonnes moi, Gustav.»
-----Tes derniers mots. Les derniers mots que tu as soufflés sur mon visage, comme on souffle sur une poussière. Les derniers mots que tu as abandonnés sur un morceau de papier, avant de t'envoler le rejoindre. Le rejoindre...
Georg.
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